Nadia Fettah (H.94)
Le Pur-Sang Arabe

Casablanca. Arrivés au 6e étage des bureaux de Saham Finances, celui où toutes les fusions et acquisitions faites par le groupe se jouent, nous entrons dans le bureau de Nadia, qui nous fait découvrir ce qui est devenu en seulement quelques années un géant de l’assurance en Afrique, fer de lance d’une économie marocaine de plus en plus dynamique. Nadia nous raconte, autour d’un thé à la menthe, cette aventure, et la sienne.

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HU: Bonjour Nadia. Comme l veut la tradition, nous allons commencer par un petit portrait chinois. Donc si tu étais une couleur ?

Nadia : Le bleu, parce que j’adore cette couleur. C’est celle de la mer, du ciel et beaucoup de choses du Maroc.

HU : Un animal ?

N : Un cheval. Ca peut être un cheval de trait, ou cheval de course et je sais faire les deux.

HU : Un plat ?

N : Un couscous.

HU : Une chanson ?

N : Rat Race, de Bob Marley. Encore d’actualité malheureusement.

HU : Si tu étais un film ?

N : Manhattan.

HU : Un péché ?

N : La gourmandise.

HU : un objet ?

N : Un ouvre-boite.

HU : Un sport ou un jeu ?

N : La natation.

HU : Un livre ?

N : Une Vie de Maupassant, parce que c’est pile la bonne femme que je ne veux pas être. Je l’admire, mais je ne suis pas comme elle et je ne veux pas l’être !

HU : Un (super)héros ?

N : Hulk !

HU : Fin du portrait chinois. Maintenant, est ce que tu pourrais essayer de résumer ton parcours professionnel en 30 secondes ?

N : J’ai démarré chez Arthur & Anderson, où j’ai passé 3 ans. Ensuite j’ai rejoint la Compagnie Africaine d’Assurance où j’ai géré et redressé le département santé pendant 3 ans. L’entreprise a ensuite été rachetée par AXA et je suis partie en courant parce que je n’ai pas aimé la fusion. J’ai alors rencontré un groupe de tunisiens qui travaillaient dans le Private Equity en Tunisie et qui voulaient se développer sur le continent africain, avec le Maroc comme première étape. Je les ai aidés pendant 5 ans à monter leur premier fond maghrébin puis à se développer à l’international.

Ensuite j’ai rejoint le groupe Saham il y a maintenant 16 ans, dans la holding Saham Finances. L’objectif était de construire un groupe d’assurance africain. Donc il y a 10 ans l’idée c’était d’acheter une compagnie d’assurance et de la faire grossir. Aujourd’hui, le groupe compte près de 30 compagnies dans 26 pays. C’était une belle aventure.

Voilà ce que j’ai fait depuis sur les 20 dernières années !

“Je suis là pour aider soit mes boss à exécuter des deals intéressants, ce qui occupe 40% de mon temps, et l’autre partie du temps c’est aider mes collègues à gérer la somme des problèmes qui n’ont pas pu être réglés à leur niveau.”

HU : Explique nous ton métier au sein de Saham Finances.

N : Mon job consiste en deux choses : trouver les financements pour accompagner le développement du groupe et l’organiser. Puis, une fois qu’on a acheté des compagnies d’assurance, je m’assure que les équipes qui les gèrent font de leur mieux, en prenant en compte leurs contraintes locales, leur concurrence et nos moyens.photo

HU : Qu’est ce que tu aimes dans ton travail ?

N : Je suis surprise très souvent, par de nouveaux enjeux, de nouvelles aventures. Je déteste m’ennuyer au travail et je suis dans un environnement où on ne s’ennuie pas du tout. Même si parfois c’est un peu la crise de tachycardie le matin…

Ce que j’aime aussi c’est que, même si j’habite à Casablanca, je ne sais pas quelle va être ma priorité du jour. Je peux être concentrée sur l’Angola, le Nigéria, la Côté d’Ivoire… Je voyage tous les jours et je rentre le soir à Casablanca chez moi.

HU : On imagine que tu n’as pas de journée type du coup.

N : Pas du tout. Mes priorités peuvent changer tous les lundis matins. Je suis là pour aider soit mes boss à exécuter des deals intéressants, ce qui occupe 40% de mon temps, et l’autre partie du temps c’est aider mes collègues à gérer la somme des problèmes qui n’ont pas pu être réglés à leur niveau. Les journées ne sont pas reposantes du tout !

“En deux SMS on peut décider de faire confiance à quelqu’un et de se fier à son jugement. (…) Si nos managers ont peur de se tromper, on risque de les inhiber.”

HU : Peux-tu nous en dire un peu plus sur la stratégie de Saham Finances en Afrique ?

N : Notre objectif est de devenir le meilleur groupe d’assurance sur le continent. Cela passe par la nomination des meilleurs managers localement. Nos équipes locales sont fortes et reconnues et on bénéficie aussi d’un grand partage de savoir faire entre les différentes compagnies du groupe.

A Casablanca, on s’occupe de choisir les bonnes cibles, de les financer et puis on laisse le soin aux équipes locales de faire de leur mieux.

On a eu cette vision de ce que pouvait faire le Maroc en Afrique un peu avant tout le monde. Ce qui est aussi valorisant c’est de voir qu’on exporter des modèles « maroco-marocains » et ne plus seulement être un réceptacle de modèles qui ont fonctionné ailleurs. On exporte notre façon de voir le monde de l’entreprise, qui est avant tout une affaire de femmes et d’hommes. D’où l’importance que nous accordons au choix de nos managers. Nous n’expatrions pas de cadres, tous nos DG et nos managers sont locaux.

HU : Ce côté humain, c’est pour toi la particularité de Saham Finances ?

N : On veut que nos managers aient une fibre entrepreneuriale. Cela nous permet d’être plus agiles dans un monde qui bouge. On n’a pas le temps d’écrire des process pendant 5 ans puis de les appliquer pendant 10 ans. Nous sommes reconnus comme un groupe agile et rapide, ce qui veut dire qu’on écoute et décide très vite et qu’on sait déléguer. En deux SMS on peut décider de faire confiance à quelqu’un et de se fier à son jugement. On se trompe parfois, on a le droit. Si nos managers ont peur de se tromper, on risque de les inhiber.

HU : On a appris que Saham Finances avait récemment fait des acquisitions au Rwanda et au Nigéria. Y a-t-il des pays en particulier vers lesquels vous voulez vous tourner en raison de leur potentiel ?

N : On croit en tout le continent, à la différence des autres groupes mondiaux pour qui l’Afrique est une opportunité parmi d’autres. On s’est d’abord installés dans les pays francophones, avec lesquels on a une plus grande proximité culturelle, et on est entrés dans les pays anglophones à fort potentiel : Kenya, Angola, Nigéria. Malheureusement de nombreux pays traversent un période compliquée à cause du pétrole, mais conservent un très fort potentiel économique, et donc en termes d’assurance.

L’idée c’est donc d’avoir le réseau le plus étendu possible. C’est un atout pour attirer des groupes présents dans tout l’Afrique car en s’adressant à nous, ils ont une offre unique, ne négocient qu’une fois mais peuvent se déployer dans tous les pays où nous sommes présents. C’est une offre unique.

HU : Est ce que tu te considères comme une afro-optimiste ?

N : Je suis une afro tout court, je n’ai pas le choix, je dois être optimiste. Ce n’est pas un choix d’aller en Afrique, j’y suis, j’y vis. Il y a des accidents de parcours et on est souvent en train d’entrer ou de sortir d’une crise dans les pays africains, mais la tendance de fond c’est que ça va aller mieux, et j’y crois.

HU : Est ce que tu as fait un choix professionnel difficile dans ta carrière ?

N : J’ai fait un choix qui a surpris, lorsque j’ai quitté la Compagnie Africaine d’Assurance, qui allait devenir AXA, pour rejoindre mon groupe tunisien de Private Equity. Je les avais rencontré à Tunis, ils ne font fait aucune proposition, j’ai travaillé sans contrat de travail pendant 6 mois, et je leur ai fait confiance, en dépit de tous les conseils de mon entourage. J’ai fait ce choix parce que je voyais AXA comme une entreprise très carrée, j’avais peur de m’ennuyer. Tandis que ces 7 bonshommes à Tunis voulaient s’amuser et conquérir le monde, ils étaient les seuls à y croire, et moi aussi. Je me suis dit qu’il n’était pas question que je reste enfermée dans un bureau alors qu’il y a des gens qui savent faire des choses pareilles, ou qui en ont envie.

Je pense que ça a complètement changé la trajectoire de ma carrière et je suis ravie d’avoir plongé !

HU : On va parler un peu de Casablanca maintenant. Qu’est ce que tu fais pendant tes dimanches après midi ?

N : J’aime me balader. Surtout près de la mer.

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Hu : S’il ne te restait que 24 heures à passer à Casablanca, qu’est ce que tu ferais ?

N : J’irais sur l’Atlantique, je ferais une balade sur la Corniche et j’irais nager dans l’eau fraîche de Casa. Parce qu’elle est fraîche !

HU : Qu’est ce que tu aimes le plus chez les Casablancais ?

N : Les Casablancais sont des battants, des curieux. Et des gens un peu déchirés, un peu schizophrènes. Mais j’aime bien ça. On a parfois la tête un peu en Europe, les jambes au Maroc ou en Afrique. Cette schizophrénie, quand elle est bien gérée, crée un intérêt certain chez les personnes qu’on rencontre.

HU : En parlant du Maroc de manière plus générale, quel est le challenge qui te te tient le plus à cœur ?

N : L’emploi des jeunes. 50% de la population a moins de 20 ans et il faut que ces jeunes aient un espoir, un avenir.

Si HEC venait s’installer en Afrique, je pense que ça pourrait être une excellente chose. Il y a des choses intelligentes à faire pour aider les africains. J’invite HEC à regarder de ce côté du monde.

HU : Est ce que c’est quelque chose que vous combattez chez Saham Finances ?

N : Oui notre groupe est jeune, on a une moyenne d’âge qui est très inférieure à celle de nos concurrents et on fait confiance aux jeunes, via l’emploi et via notre association, Sherpa, qui encourage l’entreprenariat : on fait de l’accompagnement et ou du financement pour de jeunes entrepreneurs.

Dans notre groupe, on arrive à trouver les talents. On les forme et on leur donne leur chance.

“Mais je me souviendrai toute ma vie du jour où on a gagné la campagne. Quelqu’un cirait « On a gagné ! », mais qui ? Qui ? On était fébriles !”

HU : Parlons d’HEC maintenant. Quel était ton endroit préféré sur le campus ?

N : Le lac ! C’est magnifique le site et le lac. J’ai jamais compris pourquoi y avait pas eu de piscine. Nos anciens ont eu le choix entre une piscine et une chapelle et après un référendum ils ont choisi la chapelle…

HU : Quel est ton meilleur souvenir d’école ?

N : La campagne JE, que j’ai gagnée !

HU : Raconte nous l’histoire !

N : Ah la liste c’était fabuleux. Je peux me lâcher là ! C’était la JE la plus déconneuse parce qu’on ressemblait plus à une liste BDE qu’à une liste JE. On s’est rencontrés au week-end d’intégration et on ne s’est plus quittés. Enfin eux ont fait une année de césure, pas moi. Mais c’était vraiment une chouette expérience. Du coup je suis moins allée en cours mais bon… Fallait pas le dire ça !

Mais je me souviendrai toute ma vie du jour où on a gagné la campagne. Quelqu’un cirait « On a gagné ! », mais qui ? Qui ? On était fébriles !

Ma liste s’appelait Crescendo, donc je salue mes amis Crescendo si jamais ils voient le film !

HU : Est ce que tu conseillerais à quelqu’un de faire HEC aujourd’hui, et si oui pourquoi ?

N : Si on a pas de vocation, on en découvre plein à HEC. Chacun trouve chaussure à son pied. On y fait des rencontres, des échanges, point sur lequel HEC a été précurseur. Et le réseau est reconnu. Donc oui je le conseillerais.

HU : Comment est ce que tu utilises ce réseau ?

N : A ma sortie d’HEC je ne l’ai pas trop utilisé mais j’ai ressenti le besoin de renouer le contact il y a une dizaine d’années. J’ai fait appel à HEC Alumni pour des coachings de groupes, des coachings individuels, j’ai été mentor de deux personnes qui voulaient rentrer au Maroc et j’ai présidé l’association des anciens au Maroc.

HU : Quel conseil donnerais-tu à un HEC de 20 ans.

N : Je pense qu’il faut évaluer toutes les opportunités offertes par l’école. Et notamment les cours. Et voir tout ce que le réseau offre avant de faire des choix. Il y a presque trop de possibilités et on se donne pas les moyens de regarder suffisamment ce qu’offre HEC.

HU : Quelles sont les qualités que tu valorises chez un jeune qui entame sa vie professionnelle ?

N : La curiosité. L’ouverture d’esprit aussi car il va être surpris et il doit être capable de s’adapter !

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