Tiemoko Coulibaly (H.62)
Le Premier Soleil

Abidjan. Tiemoko est le premier ivoirien et le troisième africain à intégrer HEC. C’était en 1959, la Côte d’Ivoire appartenait encore à l’AOF, Tiemoko était le seul Noir de se promotion et HEC était encore au 108 boulevard Malesherbes. Depuis, cet hyperactif n’a cessé de participer au développement de son pays, que ce soit dans la banque ou depuis peu en politique et occupe encore de nombreuses responsabilités aujourd’hui.

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HU : Commençons avec le portrait chinois. Si tu étais une couleur ?

T : Bleu.

HU : Si tu étais un animal ?

T : Un cheval.

HU : Un plat ?

T : Le foutou ! C’est la pâte d’un tubercule qu’on appelle l’igname ici.

HU : Si tu étais une chanson ?

T : Une bonne chanson de Brassens. Disons La mauvaise Herbe.

HU : Un film ?

T : Pas un film de guerre en tout cas.

HU : Un péché ?

T : Un péché… le flirt !

HU : Un objet ?

T : Je dirais un bracelet.

HU : Un sport ou un jeu ?

T : Ah la belote !

HU : Un livre ?

T : Les Misérables.

HU : Un (super)héro ?

T : Pour moi c’est de Gaulle.

“La Société Générale m’a offert de remplacer l’expatrié qui dirigeait la filiale ivoirienne, la SGBCI. J’ai accepté de le faire. J’en ai été le Président-Directeur Général de 1975 à 2000.”

HU : On va maintenant parler de toi et ton parcours professionnel. Pour avoir une vue d’ensemble, essaye de nous le résumer succinctement.

T : Commençons par le commencement. J’ai fait mon stage de fin de cycle à la Société Générale, à l’agence St Lazare. À la fin de mes études, je suis retourné voir le directeur de l’agence, qui m’avait pris en amitié et en sympathie. Il m’avait dit : « Tiemoko, tu as là un beau diplôme, si tu veux apprendre le métier de banquier, reviens de voir et en deux ans je ferai de toi un banquier. » Je suis donc revenu le voir, il m’a pris et j’ai fait mes deux premières années à la Société Générale en France.

Puis je l’ai quittée, parce que je voulais rentrer à Abidjan. Cependant, le directeur de la Société Générale à Abidjan me sentait comme un successeur potentiel et comme il ne voulait pas me faire de place, je suis allé à la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest) à Paris, rue du Colisée, avant de revenir véritablement en Côte d’Ivoire, à la BCEAO, en 1965. J’y suis resté jusqu’en 1974, montant tous les échelons jusqu’au rang de directeur. La Société Générale m’a alors offert de remplacer l’expatrié qui dirigeait la filiale ivoirienne, la SGBCI. J’ai accepté de le faire. J’en ai été le Président-Directeur Général de 1975 à 2000. En 2000, j‘ai fait valoir mes droits à la retraite, après une longue carrière, mais on m’a demandé de rester à la Société Générale, non plus comme PDG, mais comme président du Conseil d’Administration, ce que je suis aujourd’hui.

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Tiemoko (deuxième en partant de la droite) lors du cinquantenaire de la SGBCI.

HU : Mais ce n’est pas seulement ce que tu as fait dans ta carrière, si ?

T : Non, entre temps, le patron de la Société Générale de l’époque, Maurice Lauré, a crée une filiale d’assurance, que l’on m’a demandé de présider également. Depuis 1978 jusqu’à maintenant, je suis président de cette compagnie d’assurance, qui a appartenu à AGF et qui est maintenant Allianz Côte d’Ivoire. Je suis donc aussi président d’Allianz Côte d’Ivoire.

HU : Tu as aussi des responsabilités politiques, non ?

T : Au début de je ne voulais absolument pas avoir de responsabilités politiques et j’ai refusé tout ce qui m’a été proposé. Je me considérais comme un professionnel du privé. Mais par la suite, les circonstances ont voulu que je rentre en politique et c’était une autre manière d’aider mon pays.

Aujourd’hui, je suis président de la région du Poro. Dans un mouvement de décentralisation, le gouvernement a décidé de créer 31 régions, qui ont beaucoup plus de pouvoirs qu’avant, pour accompagner le développement régional de la Côte d’Ivoire. La région du Poro, au Nord, a été, par la force des choses, laissée pour compte. Mais elle peut apporter beaucoup d’un point de vue culturel et artistique. Nous voulons mettre tout cela en valeur.

Je suis aussi le premier Vice-président du Conseil Économique et Social, qui est construit sur le même modèle que celui qui existe en France. Il se trouve que j’en assure la direction par intérim. C’est un travail passionnant car je discute avec tous les spécialistes économiques et sociaux du pays.

Cela fait beaucoup de choses mais toutes ces fonctions me passionnent et je suis ravi d’y occuper mon temps, même si on a l’impression que je ne vis que pour travailler !

“Le président Houphouët était un véritable génie et j’ai eu la chance de bien le connaître et de travailler avec lui.”

HU : Est ce que tu as du faire face à un choix difficile dans ta carrière ? Qu’en as-tu appris ?

T : Le choix de quitter la BCEAO pour aller à la Société Générale en 1974 n’était pas un choix facile. J’ai eu là un problème important ! J’étais au rang de directeur à la BCEAO, ma carrière était bien établie, je n’avais plus de risque à courir. Quitter ce poste pour recommencer dans une autre affaire, c’était un sacré challenge !

Mais je crois que j’ai bien fait ! Je me suis pris de passion pour la banque commerciale et pour la SGBCI, qui était la première banque de la Côte d’Ivoire et de l’Union Monétaire Ouest-Africaine et elle l’est restée pendant tout mon temps de présidence !

HU : Qu’est ce qui te plait autant dans la banque ?

T : Pour que vous compreniez, je dois vous raconter une petite histoire. Au tout début de ma vie, je voulais construire des ponts, parce que les ponts c’est concret, ça relie des gens. Cela m’intéressait beaucoup. Mais mon cursus s’est orienté différemment et j’ai pensé que, par l’intermédiaire de la banque, je pouvais construire plus que des ponts, car toute l’économie était en cause !

Je pouvais aider toutes les entreprises, tous les bâtisseurs et j’étais un des bâtisseurs de ce pays, dans la mesure où aucune entreprise importante ne nous échappait. Toutes étaient clientes et la SGBCI a contribué à tous les financements de grands projets. Le président Houphouët-Boigny et le ministre des travaux publics l’ont dit à l’époque : nous avons contribué au développement de la Côte d’Ivoire.

HU : Est ce qu’il y a un projet dont tu es particulièrement fier ?

T : Je ne pourrai pas en citer un, car nous sommes allés dans tous les secteurs. C’est difficile pour moi de privilégier quelque chose, mais je vais retenir tous les grands travaux : bitumage, construction de grands ponts, de routes…

“Le grand chantier pour nous c’est la transformation de nos matières premières. Nous sommes un pays agricole, c’est notre principale richesse. Nous avons de très nombreuses productions, mais trop peu d’industries de transformation !”

HU : Pourrais-tu nous raconter l’Histoire de la Côte d’Ivoire telle que tu as pu l’observer ?

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Félix Houphouët-Boigny

T : C’était une colonie française. Félix Houphouët-Boigny était le premier député de la Côte d’Ivoire. Je ne vous le présente pas ! Il a été membre du gouvernement français, ainsi que le Père de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire. Il a quitté le gouvernement français pour devenir le premier président de la Côte d’Ivoire. J’ai connu cette période là, qui était une période fantastique. Le président Houphouët était un véritable génie et j’ai eu la chance de bien le connaître et de travailler avec lui.

Il avait fait le choix d’un capitalisme d’État, qui était plutôt un libéralisme éclairé : ouverture totale aux entreprises privées, l’État prenant des participations. Nous avons alors connu une période de développement extraordinaire, dont l’activité bancaire était au cœur, car tous les secteurs avaient besoin de financement.

À la mort du président Houphouët, le président Bédié a voulu poursuivre son travail. Mais en 1999, un coup d’État a éclaté et nous sommes entrés dans une période trouble, durant laquelle nous avons perdu tous nos repères. Cette période s’est achevée en 2010, avec l’élection du président Ouattara. Depuis, on a retrouvé les fondamentaux et on a réenclenché le développement économique du pays.

HU : Tu as joué un rôle important dans le développement de ton pays. Peux-tu nous en parler ?

T : J’ai eu la chance d’être, de part ma position, d’être en étroite collaboration avec le gouvernement du pays et, sans la ramener, j’étais associé à ce qui s’est fait de plus beau dans l’histoire de mon pays. C’est un sentiment merveilleux. J’ai été heureux, pendant toute ma carrière, de participer à cette aventure là.

La SGBCI a été un des maillons essentiels du développement de la Côte d’Ivoire. C’était la banque la plus importante de l’Union Monétaire Ouest-Africaine, représentant à certains moments le système monétaire de deux ou trois pays réunis !

Cela me remplit de fierté et je souhaite que chacun des HEC qui revient ici ait cette chance là : donner le meilleur de soi même pour aider son pays.

HU : Quel est pour toi le challenge le plus important à relever pour la Côte d’Ivoire ?

T : Après les turpitudes que nous avons connues, je pense que le challenge le plus important c’est la réconciliation, le Vivre Ensemble ! Il faut que les différentes ethnies se reconnaissent, s’acceptent et se côtoient. Il nous faut la paix. C’était l’un des messages les plus forts du président Houphouët-Boigny : la paix, la paix, la paix ! Il a construit notre basilique Notre-Dame-de-la-Paix pour cela d’ailleurs.

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Basilique Notre Dame de la Paix, Yamoussoukro

En dehors de ça, le grand chantier pour nous c’est la transformation de nos matières premières. Nous sommes un pays agricole, c’est notre principale richesse. Nous avons de très nombreuses productions, mais trop peu d’industries de transformation !

Nous avons aussi trop peu de jeunes entrepreneurs alors que nous avons besoin que les ivoiriens deviennent des entrepreneurs pour prendre en charge le développement de la Côte d’Ivoire.

La femme est aussi trop peu utilisée, et il faudrait que les femmes prennent la part naturelle qui leur revient dans le développement de l’économie.

Après la crise, les années qui vont venir doivent nous permettre de reprendre une marche en avant que nous n’aurions jamais du arrêter !

HU : Est ce que tu viens d’Abidjan ?

T : Je ne suis pas d’Abidjan, je suis du nord de la Côte d’Ivoire, du département de Kologo, dans un petit village. Mon oncle a voulu que je fasse mes études à Kologo, la capitale du Nord. J’y ai fait l’école primaire et publique. Puis j’ai passé le concours d’entrée en sixième et j’ai été accepté pour venir faire mes études au collège classique d’Abidjan.

HU : Mais depuis tu as quasiment toujours vécu à Abidjan. Ou est ce que tu passes ton temps libre à ?

T : A la maison ! (rires) J’aime beaucoup lire. Il est vrai que nous allions beaucoup à la plage avant mais il y a quelques années que j’ai cessé d’aller à la plage. J’ai été tellement pris par mon travail dans ma carrière que quand j’ai un peu de temps, je préfère lire un bon bouquin !

HU : Mais si tu n’avais plus que 24h à passer en Côte d’Ivoire, qu’est ce que tu ferais ?

T : Je pense que je rassemblerais quelques amis pour faire une bonne partie de belotte !

HU : Qu’est ce que tu aimes le plus chez les Abidjanais ?

T : Les Abidjanais sont assez divers, il y a plus de 60 ethnies qui se brassent en Côte d’Ivoire et qui vivent en très bonne harmonie, à part dans les périodes de crise. J’ai beaucoup d’amis de divers horizons.

“Il m’a demandé plusieurs fois si moi, Tiemoko Coulibaly, je venais bien d’HEC. Il a trouvé ça extraordinaire que je sois ivoirien et diplômé d’HEC ! À l’époque c’était du jamais vu.”

HU : Parlons d’HEC maintenant ! Comment es-tu devenu le premier ivoirien et le 3e africain à intégrer HEC ?

T : Après mon BEPC j’ai passé le concours d’entrée au lycée Delafosse à Dakar. J’y ai passé le BAC Technique et Économique et une professeur, qui avait été écœurée de ne pas pouvoir aller à HEC et qui avait du se contenter de faire HECJF, m’a dit qu’HEC était une excellente école de gestion. Elle m’a encouragé à intégrer HEC.

Elle m’a donné l’adresse de l’école. J’ai écrit et j’ai reçu la brochure. Et là j’ai été enflammé ! Je me suis dit : « Ca, je veux y aller, je ferai ce qu’il faut pour y aller ! ». J’ai bénéficié de bourses, une de la Côte d’Ivoire et une de l’AOF pour aller préparer HEC. La brochure donnait aussi une liste des meilleures classes préparatoires mais quand je suis arrivé à Paris tout était déjà bouclé, et c’est presque par hasard que j’ai choisi le lycée Montaigne de Bordeaux, en 1959.

J’ai eu la chance extraordinaire d’intégrer dès la première année de prépa, en 1959. Nous avons fourni 6 admis à HEC de ma prépa, un record à l’époque !

HU : Il n’y avait pas encore le campus de Jouy-en-Josas à l’époque. À quoi ressemblait HEC ?

T : On était au 108 boulevard Malesherbes. Il y avait la maison des élèves qui était juste derrière mais nous étions pour la plupart éparpillés dans Paris. J’avais une chambre à la Cité universitaire et j’allais tous les matins au 108 boulevard Malesherbes. Très peu avaient une chambre à la maison des étudiants.

HU : Est-ce qu’il y avait une vie associative à l’époque ?

T : Oui mais elle n’était pas très évoluée, car nous avions du mal à nous rencontrer et à nous retrouver. Mais il y avait pas mal de cafés, où il y avait des machines à sous ! (rires) Quand on sortait de cours, on allait dans ces petits cafés, on ne buvait pas beaucoup de cafés, on ne fumait pas beaucoup et ce qui nous plaisait c’était de jouer à la machine !

HU : Quel est ton meilleur souvenir d’HEC ?

T : Ce n’est peut être pas le meilleur souvenir, mais c’était un souvenir particulier dont je me rappellerai toute ma vie. Disons que dans les amphis, il y avait plusieurs groupes. Il y avait les studieux, qui voulaient écouter le professeur et qui peuplaient les premières rangées, où je me trouvais. Les moins sérieux étaient un peu au dessus et puis les chahuteurs étaient tout en haut. Mais quand j’arrivais en retard, j’entendais du fond de la classe des « Hop ! Il est là ! » C’est parce que j’étais le seul noir parmi les élèves d’HEC. Ce souvenir me reste et je me vois entrant dans l’amphithéâtre et être accueilli par ce « Hop ! Il est là ! » (rires) Mais j’ai lié des amitiés extraordinaires : toute voulait me connaître, me rencontrer et j’ai été très heureux de vivre ces moments là.

“À l’époque, les ivoiriens diplômés d’HEC ne courraient pas les rues, et la Côte d’Ivoire voulait que je rentre immédiatement. On m’a fait, à ma sortie de l’école en 1962, alors que je n’avais même pas 25 ans, 3 propositions de direction générale.”

HU : Est ce qu’HEC t’a ouvert des portes ?

T : Je crois que je n’aurai pas pu faire ma carrière sans HEC !

Comment suis-je entré dans la banque ? C’est parce qu’en 3ème année, les anciens étaient chargés d’orienter les élèves. Il se trouve que j’ai été mis en relation avec un ancien qui était Directeur Général de la banque Barclays à Paris. Il m’a dit tout de suite qu’on m’avait mal orienté car Barclays n’avait aucune ouverture sur l’Afrique mais il m’a mis entre les mains d’un de ses amis qui travaillait pour la Société Générale, Monsieur Mann.

Quand ce dernier m’a reçu il m’a demandé plusieurs fois si moi, Tiemoko Coulibaly, je venais bien d’HEC. Il a trouvé ça extraordinaire que je sois ivoirien et diplômé d’HEC ! À l’époque c’était du jamais vu et il m’a pris rien que pour cette raison, ça s’est réglé en un coup de fil au DRH du groupe. C’est à ce moment là que j’ai su qu’avoir fait HEC allait m’ouvrir beaucoup de portes.

HU : Tu savais déjà que tu voulais faire de la banque ton métier ?

T : Mon idée initiale de faire l’ENA. Mais ce directeur de la Société Générale, qui m’avait accueilli, me l’a déconseillé. À l’époque, j’avais fait ma thèse de fin d’études sur la transformation du métier de banque commerciale, et sur la possibilité pour ces banques de faire du crédit à moyen et long terme, ce qui était impossible à l’époque. Lorsque je lui ai présenté mon travail, il m’a félicité mais m’a découragé de faire l’ENA dans ces termes : « un bon diplôme comme ça et tu vas aller t’emmerder dans la fonction publique ? » (rires)

Il m’a proposé de continuer dans la banque et c’est comme ça que j’ai poursuivi.

HU : Dès ta sortie d’HEC ?

T : À l’époque, les ivoiriens diplômés d’HEC ne courraient pas les rues, et la Côte d’Ivoire voulait que je rentre immédiatement. On m’a fait, à ma sortie de l’école en 1962, alors que je n’avais même pas 25 ans, 3 propositions de direction générale.

La première proposition m’a été faite par le Ministre de l’Economie et des Finances, qui voulait que je prenne la tête de la banque d’affaires de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui allait être dotée d’importants moyens de financement pour prendre des participations dans les entreprises qui s’implantaient en Côte d’Ivoire.

La deuxième proposition m’a été faite par le président de la Caisse Nationale de Crédit Agricole à Abidjan. Il est venu me voir à Dakar, où je faisais un petit stage à la BCEAO. Il voulait transformer cette Caisse nationale en Banque Nationale de l’Agriculture, la BNDA et voulait que j’en prenne la tête.

La troisième proposition c’était de prendre la direction de l’Agence Française de Développement pour la Côte d’Ivoire, Crédit Côte d’Ivoire.

3 propositions de Direction générale, alors que je n’avais jamais travaillé de ma vie ! C’est l’effet HEC !

HU : Tu n’as choisi aucune de ces options ?

T : Non je les ai toutes refusées ! C’était un autre choix difficile. Les propositions m’avaient été faites par des hommes à qui on ne disait pas non, qui me disaient que des propositions pareilles ne se représenteraient pas… Mais lorsque je me comparais à mes camarades de promotion, aucun n’approchait à ce point de postes de Direction générale, sauf les fils d’entrepreneurs qui s’apprêtaient à reprendre les affaires familiales au sein desquelles ils avaient déjà appris leur métier.

Comme eux, je voulais apprendre mon métier ! Je ne me sentais pas prêt. J’ai donc choisi d’aller à la BCEAO pour apprendre un métier, gérer les caisses, le personnel, montant étape après étape pour arriver à la Direction Générale. Mais au bon moment, quand j’étais prêt !

HU : C’est ce qu’on appelle « Apprendre à oser »

T : Ou plutôt Oser Apprendre ! (rires)

HU : Quel conseil donnerais-tu à un jeune HEC de 20 ans ?

T : Il faut qu’il ait beaucoup de courage et beaucoup de détermination. Avec du courage et de la détermination, tout est permis.

HU : La devise d’HEC c’est « Apprendre à oser » donc, quelle est la tienne ?

T : Ne jamais renoncer.

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